Il existe une phrase très répandue qui dit que les protéines « coupent la faim ».
Cette phrase vient quelque part d’une méta-analyse solide, et cette méta-analyse
dit aussi quelque chose que la phrase oublie toujours : son résultat à long
terme est inconcluant. C’est la différence entre deux affirmations, et elle
vaut un article à elle seule.
Ce que la méta-analyse aiguë a trouvé
Kohanmoo et ses collègues ont rassemblé 49 publications pour les
interventions aiguës et 19 articles pour l’effet à long terme, avec un
modèle à effets aléatoires. Les essais inclus comparaient des bras isocaloriques
chez des adultes en bonne santé — une condition importante, parce que sans
isocalorie on ne sait pas si l’on mesure l’effet de la protéine ou celui du
déficit.
Sur l’ingestion aiguë, les effets sont constants et tous dans le même sens :
- faim : -7 mm sur l’échelle visuelle analogique (p < 0,001)
- désir de manger : -5 mm (p = 0,045)
- consommation alimentaire prospective : -5 mm (p = 0,001)
- sensation de remplissage : +10 mm (p < 0,001)
- satiété : +4 mm (p < 0,001)
Et les hormones suivent, ce qui est la partie la plus intéressante :
- ghrelin : -20 pg/ml (p < 0,001)
- cholecystokinine : +30 pg/ml (p < 0,001)
- GLP-1 : +21 ng/ml (p < 0,001)
- polypeptide inhibiteur gastrique : pas de changement
- peptide YY : pas de changement
Le ghrelin est l’hormone de la faim ; la cholecystokinine et le GLP-1 sont des
signaux de satiété. Le profil est donc cohérent sur le plan mécanistique, pas
seulement statistique.
Le seuil de 35 grammes
Un détail que presque aucun article de synthèse ne rapporte : les marqueurs
de l’appétit étaient influencés par des apports en protéines inférieurs à 35
grammes, mais le ghrelin, la cholecystokinine et le GLP-1 n’ont changé de façon
significative qu’après des apports d’au moins 35 grammes.
Cela signifie que «un peu plus de protéines» et «une quantité qui déclenche
l’hormone» ne sont pas la même affirmation. Sous ce seuil, l’effet est toujours
présent mais plus faible et plus difficile à détecter. Et «35 grammes» n’est pas
un nombre universel : c’est la quantité par prise dans ces essais, pas un seuil
physiologique valida per chiunque.
Perché il risultato a lungo termine è un’altra storia
Ecco il punto in cui la sintesi superficiale sbaglia. Le stesse 49/19 pubblicazioni
hanno valutato l’ingestion prolungata, e l’abstract riporta che non ha
influenzato questi risultati, con un’unica eccezione: il GLP-1, che ha
mostrato una diminuzione significativa.
Pas une augmentation. Une diminution.
Donc, dans la même méta-analyse, l’ingestion aiguë augmente les signaux de
satiété de 21 ng/ml de GLP-1, et celle de longue durée les abaisse. Les auteurs
sont explicites dans leur conclusion : les résultats des études de long terme
sont inconcludants et il faut des essais supplémentaires avant de pouvoir
tirer une conclusion claire.
Non è che la proteine «non funzionano a lungo termine». È che non lo sappiamo.
La distinzione è quella che i titoli di consumo non fanno.
Sul peso: l’altra méta-analyse
La questione del peso è trattata da un secondo document, che lavora su un
problema diverso: non la fame immediata ma il peso corporeo.
Hansen, Astrup e Sjödin hanno cercato in PubMed, Web of Science e Cochrane
Library, identificando 375 RCT, dei quali 43 unici soddisfano i criteri.
L’analisi di efficacia si basa su 37 studi.
Risultato, con intervallo di confidenza esplicito:
- -1,6 kg (IC 95 % : 1,2 ; 2,0) rispetto ai controlli
- apporti aumentati nell’ordine del 18–59 % dell’energia
Un kg e mezzo. Non è un effetto drammatico, ed è la ragione per cui la
meta-analisi lo definisce un effetto moderato.
Un détail qui mérite l’attention : les interventions étaient isocaloriques avec
riduzione energetica introdotta in alcuni studi. Chiunque vi legga «aumentare
la proteina fa dimagrire di 1,6 kg» sta omettendo il fatto che il deficit era
già presente in una parte dei bracci di controllo.
Cosa questa letteratura non dice
Pas que plus de protéines fait maigrir. L’effet est faible à moyen et
l’essai le plus long l’a trouvé nul sur les marqueurs.
Pas que l’effet aigu dure. Rien dans ces données ne décrit ce qui se passe
après le repas suivant.
Pas un effet adaptatif durable. Si les hormones de satiété ne bougent pas au
long terme, l’hypothèse d’une satiété durablement plus élevée n’est pas étayée
par ces documents.
Pas un seuil universel de 35 grammes. C’est la quantité d’un essai.
En résumé
Ce que la littérature établit : une prise de protéines réduit la faim et la
faim de manger dans la demi-heure qui suit, par un mécanisme hormonal cohérent
et mesuré. Ce qu’elle n’établit pas : que cet effet survive à des semaines ou
des mois, ni qu’il produise autre chose qu’un kilo et demi de différence sur le
poids. Une phrase vraie, une phrase souvent amplifiée : c’est un bon endroit
pour demander à la source ce qu’elle a réellement mesuré.